« Un etre humain n’est pas seulement constitué d’une mémoire. C’est un etre de sentiment, de volonté, de sensibilité, un etre moral. »
Alexander Luria (1965), neurologue.
Alexander Luria (1965), neurologue.
Le diagnostic précoce:
Il permet un dépistage des débuts de la maladie, ainsi qu’un diagnotic différentiel et donc de mettre en place un traitement médicamenteux adapté à la maladie qui peut retarder son évolution ( à un stade avancé de la maladie on ne pourra plus que soulager les troubles).
Il est aussi important de différencier un affaiblissement cognitif normal du à l’age, mais aussi des pertes cognitives consécutives à un état dépressif ( et donc réversibles ) d’un début d’une maladie de la mémoire. Notons encore qu’un lien est fréquent entre dépression et début de maladie d’Alzheimer.
Le traitement chimique:
- Agit sur les causes de la maladie quand cela est possible. Pour la maladie d’Alzheimer, l’action chimique intervient sur les inhibiteurs de l’acétyle cholinestérase pour diminuer le déficit en acéthyle choline (= neurotransmetteurs) qui engendre la maladie.
- Agit sur les troubles que peut provoquer une maladie comme les déambulations, l’anxiété, l’agressivité…
Le traitement non chimique:
- Les stimulations cognitives sous forme d’ateliers mémoires, par exemple, qui prennent en compte les capacités et gouts des personnes. Ces stimulations cognitives ne visent pas à rééduquer la mémoire mais à exercer les facultés restantes sur un mode ludique pour ne pas renvoyer la personne à ses incapacités, et l’encourager dans ce qu’elle sait encore faire. Elles renforcent les ressources résiduelles, préservent l’autonomie, la vie sociale et familiale, et réduisent la symptomatologie anxio-dépressive.
- Un soutien psychologique permet à la personne agée, lorsque le champ lexical est encore suffisant, de dire ce qu’elle est au moment où elle peut commencer à ne plus se reconnaitre peut l’aider à accepter les changements de vie qu’induit peu à peu l’évolution d’une maladie type alzheimer. L’accompagnement psychologique par un professionnel désangoisse souvent ses personnes qui craignent de ne plus etre aimable ou un poids pour l’entourage. Il permet encore de considérer pas à pas quelles décisions il est souhaitable de prendre. De plus, ses entretiens de soutien psychologique du fait qu’ils sollicitent la mémoire exercent plusieurs fonctions cognitives.
- Un soutien psychologique des aidants est aussi souvent souhaitable car la maladie les touche aussi indirectement, les rend impuissants malgré leur volonté de bien-faire. Pouvoir parler de leurs craintes, fondées ou non permet de ne plus se sentir isolé face à la maladie, mais aussi de mieux la comprendre afin d’adopter les conduites les plus adéquates et etre en mesure de prendre les meilleures décisions pour soi et ses proches. Il est évident que lorsque les aidants se portent bien les malades se portent bien aussi.
-L’entrée en institution quand les troubles deviennent trop importants pour pouvoir etre gérer à domicile. ( attention aux risque à domicile: gaz, four à micro-ondes, tapis…)
Nous soulignons à nouveau que l’évolution d’une maldie type Alzheimer dépend de la personnalité du malade, de sa vie, de la manière de faire face aux difficultés qu’il rencontre mais aussi de comment l’entourage le soutient. Les modes de réponses sont fonction de la personnalité du malade et donc de l’évolution de la maladie, mais aussi de son environnement et se font donc au cas par cas; c’est pourquoi il est préférable de consulter un professionnel pour aider à considérer la situation afin d’envisager les meilleures solutions.
Les maladies type Alzheimer sont une épreuve de vie et peuvent engendrer une crise existentielle. Celle-ci reste surmontable comme l’ont été les autres moments critiques de la vie. Nous pensons donc qu’une prise en charge individualisée permet de franchir les obstacles que peut occasionner la vieillesse.
L’évolution d’une maladie de la mémoire dépend des ressources propres à chaque personne, de la capacité à aimer la vie, du niveau scolaire, mais aussi de comment les proches savent entourer et aider la personne atteinte sans la priver de tout choix.
Schématiquement, on peut décrire 3 phases à la maladie d’Alzheimer, mais la rapidité de l’évolution dépend beaucoup du vécu de la personne agée, et de la qualité de la prise en charge.
Phase pré-démentielle: il n’y a pas de maladie mais une faiblesse cognitive.
Phase de début:
Les troubles cognitifs:
- la mémoire: il ne se souvient plus du prénom de son petit fils
- le langage : début de l’aphasie: il ne trouve plus ses mots
- l’attention : il ne sait plus quel jour on est, il se perd dans les endroits connus
Les troubles non cognitifs:
- isolement, apathie : elle n’a plus envie de lire son journal
- irritabilité, anxiété : elle se met en colère ou à pleurer sans raison
- dépression : je me sens inutile, je suis fichu
Phase d’état: Les pertes d’autonomie s’accentuent.
Les troubles cognitifs:
- la mémoire : il ne se souvient plus de m’avoir vu hier, meme si je lui en parle
- l’ attention: il croit que l’on est en hiver, il ne trouve plus sa chambre
- les fonctions exécutives : elle ne sait plus s’organiser pour préparer un repas
il ne s’occupe plus de son courrier
le syndrome aphaso_apraxo_agnosique
Aphasie: (savoir dire) Le discours s’appauvrit: erreurs phonétiques, persévérations verbales, problème de compréhension verbale, plus de lecture ni d’écriture, mais conservation des récitations, chansons, ritournelles.
Apraxie (savoir faire): constructive (=difficulté à faire un dessin); réflexive (= difficulté à réaliser des gestes en miroir); idéomotrice (= difficulté à faire des gestes sur ordre ou des gestes symboliques); idéatoire (difficulté à manipuler des objets); d’habillage ( = dépendance de cet aspect).
Agnosie ( savoir reconnaitre): visuelle(= difficulté à reconnaitre l’image des objets puis les objets eux-memes); auditive (= difficulté à reconnaitre les bruits); tactile (= difficulté à différencier le rugueux et le doux); prosopagnosie(= perte de la reconnaissance des visages proches); anosognosie(= perte de la conscience des troubles).
Phase terminale: la personne devient grabataire; elle est alitée; la communication verbale devient impossible.
Les maladies type Alzheimer désignent les démences que peuvent développer les personnes agées. On distingue:
→ Les démences dégénératives :
La maladie d’Alzheimer : où des plaques séniles et une dégénérescence neurofibrillaire apparaissent suite à un déficit en un neurotransmetteur l’acéthylcholine. Voir la description de la maladie.
La démence à corps de Lewy: des corps de Lewy se développent dans la région cortico-sous-corticale. Description générale:
- dépression plus fréquente que dans la maladie d’Alzheimer
- anxiété trouble le plus fréquent dans la démence à corps de Lewy
- hallucinations visuelles complexes présentent dès le début(20% des cas dans la maladie d’alzheimer, 80% des cas dans la démence à corps de Lewy
- idées délirantes riches et élaborées alors que la cognition est préservée
La démence fronto-temporale: correspond à des atrophies spécifiques de ces lobes. Description générale:
- négligence des compétences sociales, désinhibition
- dépression, apathie
- anxiété sous forme de somatisation
- idées délirantes et hallucinations rares
- compulsion de répétition fréquente
- prise de poids ( hyperphagie)
→ Les non dégénératives:
Comme la démence vasculaire qui vient témoigner des séquelles d’un ou plusieurs accident vasculo-cérébrale.